LE BOIS ET L’HOMME

Depuis 1228, Saint-Marcel possède d’immenses communaux de bois et de garrigues sur la commune de Bidon. Ils furent le terrain de parcours des moutons, des chèvres et des porcs conduits soit par les particuliers, soit par des bergers communaux.
Les habitants allaient y chercher leur bois, le buis nécessaire aux litières, les champignons, les glands, les plantes tinctoriales et aromatiques.
Mais l’essor de l’activité marchande à la fin du Moyen-Age fit naître de nouvelles activités. En plus des fours à chaux qui pouvaient utiliser le calcaire et le combustible présents sur place, se développa au XIVème siècle la fabrication du verre sur des terres appartenant aux Hospitaliers de Trignan entre Bidon et l’Ardèche. Bientôt les tanneurs, présents dans la ville voisine de Bourg-Saint-Andéol recherchèrent l’écorce des chênes verts d’où ils pouvaient extraire le tan. Saint-Marcel développait des tuileries dévoreuses de combustible.

Peu à peu, l’exploitation des bois se transforma. Les notables affermèrent les coupes, ne laissant aux plus pauvres que le ramassage du bois mort, le pacage et quelques menus droits. Les revenus allaient en « moins imposé » parmi les recettes de la communauté. C’était un allègement fiscal qui profitait avant tout aux contribuables les plus aisés.
Sous Colbert, les règlements royaux devinrent plus contraignants. En 1670, les meilleures parts furent mises en réserve pour la marine.
L’usage des communaux s’en trouvait diminuée. La fabrication du verre fut interdite. Les chèvres furent bannies. Mais cela n’empêcha pas les coupes sauvages et les défrichements frauduleux. Les « délinquants » jetaient leur bois du haut des falaises dans l’Ardèche. Par flottage, les rondins gagnaient Pont-Saint-Esprit et Avignon…

Préservés sous la Révolution, les communaux assuraient au XIXème siècle près de la moitié des recettes municipales, parfois plus
Les charbonnières fournissaient un charbon de bois recherché. Les photographie de la fin du XIXème siècle montrent un paysage beaucoup plus dégarni qu’aujourd’hui.

Depuis, la forêt a regagné du terrain. Aujourd'hui les revenus des bois ne constituent même pas 1% des revenus communaux.
Un plan d’aménagement pluri-annuel a été récemment mis en place en partenariat avec l’ONF pour développer la production tout en préservant les paysages et en prévoyant des espaces pour l’accueil du public.
Le chemin de la Grosse Pierre proche de la grotte de Saint-Marcel vous invite à la promenade. Dolmen, menhir, vestiges d’une ancienne charbonnière vous attendent au détour du chemin.

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